27.08.2009

"Coincé à Bamako"

Snif Ben et Claire s'en sont allés, en emportant une grosse caisse en métal pleines de souvenirs. J'ai biensûr profité de l'aubaine en confiant à Claire la garde de mon lugubre fétiche qui la terrorise tant. J'y ai ajouté une sorte de "canne-cheval" et un chouette croco en métal fabriqué par les ferrailleurs de médine. Mes compagnons de route s'en sont allés, mais je sais que c'est la règle du jeu cette année. Nous ne dirons plus c'est pas bon ça,  réplique piquée aux villageois qui nous la sortait après leur avoir expliqué que nous n'avions pas de cadeau pour eux, mêmé pas un stylo bic. Ben et Claire ont à charge de me préparer ma chambre en vue de mon retour pour février dans l'appart qu'ils viennent d'acquérir. La crise ne touche pas toute les classes sociales !

A l'heure ou je vous écris je suis "coincé" à Bamako. On est le 25 et j'y suis retourné depuis le 01 Aôut. Une raison à celà : J'ai eu la super idée d'acheter une belle moto Sanilly, marque chinoise, toute neuve, pour la somme de 330 000 CFA soit 500 Euros avec laquelle je souhaite rejoindre le Burkina, puis le Ghana, le Togo et le Bénin. Problème : je n'ai pas tiré les leçons de mon expérience camerounaise et de ses péripéties administratives. Me revoilà face à la bête, à armes inégales. J'y retrouve la lenteur, la mauvaise fois et les abus de confiance, les bourdes plus qu'énormes pour ne pas paraître malintentionnées, et je patauge difficilement dans cette boue dans l'espoir d'en ressortir une carte grise en bonne et du forme pour ne pas me faire raquéter par la police tout au long de mon périple. Je vois normalement le bout du tunnel. Un ami de Mario est intervenu dans les démarches et devrait me livrer le laisser-passer pour jeudi soir. Autant l'avouer mes premières expériences de motard dans Bamako ont été olé olé, les règles du code de la route ne sont pas suivies au pied de la lettre ici, mais j'y ai survécu et je peux rassurer Papa et Maman je suis désormais un motard aguéri (plus de 500 km parcouru dans Bamako déjà), hyper attentif et casqué à l'inverse de mes compatriotes africains.

Mario, Mario et Yakou, son homme de main, ma famille d'accueil africaine qu'il me peine de quitter même si l'aventure m'appelle. J'espère avoir l'occasion de les revoir en France puisqu'ils projettent d'y passer ensemble dans deux ans. Ce ne sera pas chose aisée de les voir car Mario à ses enfants là-bas mais l'idée m'allège le coeur au moment du départ. Et puis montrer Paris à Yacou, le Dogon, lui que la curiosité aiguise, que la découverte amuse tout en le rendant perplexe, me rend d'autant plus impatient. Je me rappelle sa tête d'enfant amusé lorsqu'on l'a invité dans un restau un peu classe de Bamako et qu'il s'est retrouvé nez à nez avec un gratin de capitaine un couteau à poisson entre les mains. Le Nemasow porte bien son nom car c'est vraiment la maison du bonheur ici. On y rencontre bcp de gens, quasiment que des toubabs biensûr. L'ambiance se prête à l'échange : Etienne, qui fait un stage en micro crédit, Ludo et Leila, qui ont finit en Juillet leur périple en Afrique de l'Ouest et reviennent ce soir pour enseigner à Bamako, les deux Ophélies et Justine, en stage à l'hôpital du point G de Bamako, Aurélie et Arthur, au Mali pour 6 mois et qui sont finalement partis (après avoir squatté longtemps chez Mario repoussant à plusieurs reprises leur date de départ) pour deux mois au pays Dogon afin d'y effectuer un mission "humanitaire", Pauline Sylviane et David, nos compagnons de Pinasse, Jaume et Lara, couple de valence (espagne) dont la douceur me fascine, la honte passée de mon niveau d'espagnol proche du zéro je reconnais avoir définitivement un faible pour les espagnols (je ne parle pas que de physique loin de là),  Ludo, toujours le sourire au lêvres, français chômeur-espagnol qui vit à mi-temps au mali où il s'est lancé avec mon succés d'estime dans la réalisation de vêtements plutôt modernes à partir de la technique du bogolan (pour rappel technique de teinture à base d'argile, et de plantes réduites en poudre), Nathalie prof de lettre qui vient régulièrement en Afrique de l'Ouest, .................................

Les vieux démons de la SG m'ont ratrappé et j'ai profité de ma longue escale pour faire un fichier de gestion des réservations et des factures sur Excel. J'ai également lancé un programme de formation de Yacou à l'outil informatique. Faute d'aventure ça m'occupe et rend service aux deux intéressés.

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Pays Dogon

Sangha, Irelli, Tirelli, Nombori, Dourou, Begnimatou, Indelou, Yabatalou, ... 6 jours à serpenter le long de la falaise qui s'étend de Bandiagara(ville d'Hampate Ba) jusqu'au Burkina-Faso. Malgré son succès touristique, il faut bien reconnaitre que le pays P7230556.JPGDogon correspond à l'Afrique P7220515.JPGtelle qu'on l'a rêvée étant petit. On a l'impression d'avoir pénétré l'écran de cinéma : A la beauté du site naturel et des villages en banco parsemés tout le long de la falaise s'ajoute le mystère de la cosmogonie et de la culuture Dogon. Pour se dépenser un peu nous avons opté pour le trajet le plus long (pas bien méchant  malgré les sacs). Seule Claire finira le parcours sans avoir connu de pépins musculaires (j'ai fait le trajet en tongues, ça aide pas). Nous marchons le matin et en fin d'après midi car le soleil tape fort. Cette année la pluie tarde à venir et les champs de mil se portent mal. De la même manière qu'au Cameroun les villageois multiplient les rites afin d'invoquer la pluie. Les femmes les plus agées, comme hystériques, se roulent par terre au rythme des tam-tam afin d'obtenir la cléménce du temps. Le soir, Après un plat de pates ou de riz accompagné de sauce dogon (oignons tomates), puis une petite bière, nous montons nous coucher sur les toits à l'abri des moustiquaires le nez planté dans les étoiles. Magique, sauf lorsqu'un vent violent suivi d'une pluie abondante firent leur apparation au beau milieu de la nuit.P7230569.JPG

 P7280594.JPGSur le trajet du retour nous faisons une halte de deux jours à Djene pour y observer la mosquée, le plus grand batiment en banco de la planète. René Caillé y séjourna longuement. Je ne sais trop vous dire si cette escale m'a plu ou pas. D'un côté les guides et et les commerçants ambulants sont collants, (j'en profite pour dire que ces gens évoquent le mélange des cultures et l'ouverture d'esprit pour vous briser les coucouniettes, en vous martelant que l'Afrique est le pays de l'échange et de la découverte. Que néni, je les considère pour bcp comme des parasites poussant souvent les touristes à se replier sur eux-mêmes). Deuxio les détritus jonchent le sol de la cité. D'un autre côté la ville semble figée dans le temps et ne pas avoir bougé depuis des siècles. Et sa mosquée, bien qu'un peu moins impressionnante qu'imaginée, demeure jolie et mystérieuse.

 

Dernier point de notre périple, nous nous arretons a Ségou pour trois jours. L'arrivée est un peu difficile, Ben étant proche d'en venir aux P7300601.JPGmains avec un mec qui nous emmenait en toute conscience à l'opposé de la destination demandée. Nous nous retrouvons chez Ibrahim, un guide rasta man plutot sympa. Segou est la ville des potieres, et Mario n'a pas manqué de nous passer une commande de plats, bols et cendriers pour le Nemasow. Au programme visite du village des potieres, mini-stage de Bengalow (technique de teinture à base d'argile et de plantes), promenade sur les bords du Niger et PIIZZAAASS pour rassasier nos estomacs d'européens en manque.

 

13.08.2009

Pinasse sur le lac Débo

Après une courte escale à Bamako à notre retour de Kayes, nous partons pour Mopti, ou nous attendent Pauline, P7190449.JPGViolaine, et David, que j'ai rencontré un peu plus tôt chez Mario, et avec qui nous allons passer trois jours en pinasse sur le lac Débo. Autant vous dire que les deux gazelles ont du caractère et c'est tant mieux, sauf peut être pour le pauvre David qui se fait parfois secouer comme une bouteille d'orangina. . Nos rares arrêts sont une occasion de fête pour les gamins qui se regroupent autour de nous et nous accompagnent tout au long de notre visite, se battant nos doigts pour s'accrocher. A noter que certains d'entre eux ont pour jouet de vieilles piles usagées. Souvent un détail du genre vient nous rappeler la misère qui se cache derrière tous ces sourires. Le premier village visité, dont j'ai oublié le nom, niché au bord d'un bras du fleuve, intégralement construit en banco, surplombée par une superbe mosquée elle même en banco, nous émerveille. Le premier soir une pluie violente s'abat sur la région. Nous nous P7190447.JPGretrouvons allongé en rang d'oignons, serrés comme des sardines, pour passer la nuit sur la pinasse.  Les journées s'écoulent au ralenti : ptite douche dans le fleuve ou sur le lac, ptite sieste, ptits arrêts dans de très jolis village, contemplation de la rive comme dans un film de Terence Malik, parties de tarot. Je passe rapidement sur la tentative d'assassinat dont je fus victime lorsque l'équipage tenta lâchement de m' abandonner au milieu du fleuve afin de venger Pauline que j'avais balancé à l'eau par inadvertance.

Après trois jours de sevrage forcé, nous décidons de féter notre retour autour d'une bouteille de mauvais rhum dans un resto africain. C''est

pas que c'est vraiment bon mais ça fait du bien ! ...sauf pour le pauvre David qui finit par tout vomir. Après une nuit un peu agitée chez Ali et Sédou (deux frères qui sont guides au pays dogons). Leur petits appart servent de squat à pas mal de guides), nous prenons avec ce dernier laP7210513.JPG route pour rejoindre la pépite de notre périple Malien, le mythique pays dogon.